Source http://cicministry.org/articles.php
Article traduit par Henri Viaud-Murat, publié autrefois sur le site Internet
paroledevie.org (site fermé depuis Août 2007).
Ce message a été
préparé par le Pasteur DeWaay en vue d'une émission radio en direct sur ce
sujet. Compte tenu de l'importance actuelle de ce thème, ce message a été
ensuite mis par écrit, pour l'édification du peuple de Dieu.
Souvent, après avoir
rendu public un article qui contestait les prétentions d'un auteur chrétien qui
venait de faire éditer un livre, on m'a demandé si j'en avais parlé tout
d'abord en privé à cet auteur. Ces personnes prétendent que l'on ne devrait pas
débattre publiquement de certains sujets, avant d'en avoir parlé en privé à la
personne intéressée, selon la procédure décrite par le Seigneur dans Matthieu
18. Personnellement, je crois que Matthieu 18 ne s'applique pas à la discussion
publique de points de doctrine. Dans cet article, je vais examiner divers
passages du Nouveau Testament, qui nous expliquent de quelle manière nous
devons juger.
Il n'est pas
surprenant que les gens soient dans la confusion, concernant ce problème du
jugement, parce que certains passages bibliques nous demandent de juger et de
discerner, alors que d'autres nous demandent de ne pas juger. Nous verrons que
les Ecritures nous offrent des directives très claires en matière de jugement.
Il y a des moments où nous devons juger, et d'autres où nous ne devons pas
juger. Nous devons obéir aux commandements du Seigneur en toute connaissance de
cause.
Ne jugez pas
(Matthieu 7).
Dans le passage
suivant, le Seigneur Jésus nous demande de ne pas juger.
"Ne jugez point,
afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous
jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu
la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui
est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi
ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ?
Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment
ôter la paille de l'œil de ton frère" (Matthieu 7 : 1-5).
Avant d'interpréter
ces versets, nous devons examiner le contexte précédent du Sermon sur la
Montagne. Par exemple, Jésus dit que les hypocrites prient "pour être vus
des hommes" (Matthieu 6 : 5). Le sermon de Jésus nous ordonne aussi
de ne pas nous mettre en colère (Matthieu 5 : 22), d'éviter la convoitise
(Matthieu 5 : 28), d'aimer nos ennemis (Matthieu 5 : 44), et de ne
pas aimer l'argent (Matthieu 6 : 24). Jésus parle de nombreux péchés de
manière à ce que chacun puisse réaliser son péché et son besoin de l'Evangile.
Jésus a dit : "Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse
celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des
cieux" (Matthieu 5 : 20). Cette déclaration a dû choquer les
auditeurs du Seigneur, parce que les scribes et les Pharisiens étaient très
pointilleux quant à l'observation extérieure de tous les commandements de la
Loi. Une justice plus grande que la leur ne pouvait être que la justice de
Christ, qui est un défi pour notre cœur, et qui ne peut nous être imputée que
par la foi. Sans la justice de Christ, nous ne pouvons pas entrer dans le
Royaume de Dieu.
Compte tenu de ce
contexte, quelle est donc la signification de Matthieu 7 : 1-5 ? La
réponse est simple : nous ne devons pas juger les autres pour comparer
leur justice à la nôtre. Ce passage nous met en garde contre la propre justice.
En tant que pécheurs, nous avons tendance à minimiser ou à excuser nos propres
transgressions, pour grossir ce qui nous semble mauvais chez les autres. Jésus
nous met en garde contre cela, parce que cette propre justice était celle des
Pharisiens hypocrites, et c'était ce qui les empêchait d'entrer dans le Royaume
de Dieu. Ce sont les "pauvres en esprit" et les persécutés qui
"hériteront le Royaume de Dieu" (Matthieu 5 : 3, 10). Car ce
sont ces humbles qui savent qu'ils ont besoin d'un Sauveur.
Est-ce que Matthieu
7 : 1-5 nous enseigne que les Chrétiens doivent accepter sans discernement
n'importe quel enseignement et n'importe quel enseignant ? Non ! Car
ce passage ne concerne que les motivations de notre cœur et le degré de notre
justice intérieure. Nous ne devons pas juger dans ces domaines. D'autres
passages, que nous examinerons plus tard, nous demandent de juger le contenu de
l'enseignement qui nous est apporté. Avant d'étudier ces textes, examinons
certains autres passages qui sont employés pour nous suggérer que nous ne
devrions pas corriger publiquement les faux docteurs.
"Reprends ton
frère entre toi et lui seul" (Matthieu 18).
Je l'ai déjÃ
mentionné, on fait souvent référence à Matthieu 18 pour nous dire que des
enseignements publics ne devraient être contestés qu'en privé. Toutefois,
Matthieu 18 ne concerne pas le caractère orthodoxe d'un enseignement donné en
public. Ce passage nous montre de quelle manière nous devons nous conduire envers
l'une des brebis du Seigneur qui est tombée dans le péché. Examinons ce passage
dans son contexte.
Le début de Matthieu
18 nous décrit les disciples discutant pour savoir lequel d'entre eux est le
plus grand dans le Royaume. Jésus vit le danger d'une telle attitude, qui
pouvait être très nocive pour l'Eglise. Le reste de ce chapitre concerne les
relations que nous devons avoir au sein de l'Eglise, particulièrement la
manière dont les "petits" (qui ne sont pas nécessairement des
enfants) doivent être traités (Matthieu 18 : 6). Jésus avait discerné,
dans la discussion des disciples, que les "petits" (c'est-Ã -dire les
Chrétiens qui peuvent sembler sans importance à ceux qui sont préoccupés de
leur "grandeur") risquent de ne pas être bien traités par ceux dont
les motivations ne sont pas pures. Jésus enseigne dans Matthieu 18 que tous les
disciples doivent être considérés comme aussi importants les uns que les
autres, et que tout doit être mis en œuvre pour préserver leur bien-être
spirituel.
Ayant rappelé ce
contexte, nous pouvons lire ce passage :
"Si ton frère a
péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton
frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin
que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.
S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise ; et s'il refuse aussi
d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain"
(Matthieu 18 : 15-17).
Ce problème concerne
un "petit" qui est devenu une brebis égarée (Matthieu 18 : 12).
Ceux qui cherchent à être "grands" dans le Royaume tendent à laisser
le pécheur s'égarer et périr, au lieu de faire l'effort de le préserver. Jésus
a dit : " De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans
les cieux qu'il se perde un seul de ces petits" (Matthieu 18 : 14).
Nous l'avons vu, ces "petits" sont des Chrétiens, et ce n'est pas la
volonté de Dieu qu'un seul de Ses enfants périsse. Ainsi, la "brebis
perdue" qui est retrouvée et ramenée à la bergerie n'est autre qu'un
Chrétien qui s'est égaré dans le péché.
Compte tenu de ce
contexte immédiat, le fait de reprendre quelqu'un qui pèche démontre la volonté
d'empêcher un membre du troupeau du Seigneur de périr. Le type de péché n'est
pas précisé, et là n'est pas le problème. Ce qui compte, c'est plutôt ce qui
motive les disciples du Seigneur Jésus. Ils doivent se soucier du bien-être des
"petits," qui peuvent sembler sans importance à certains, mais qui
sont importants pour Dieu.
Tout ce chapitre 18
concerne ce qui doit être fait pour empêcher des membres de l'Eglise de périr.
Si ce processus n'aboutit pas à la repentance du pécheur, il nous est demandé
de le considérer comme un pécheur perdu, comme un païen et un publicain. Il
faut prêcher l'Evangile aux pécheurs perdus. Tout véritable Chrétien soumis Ã
ce processus doit normalement rechercher la repentance et la restauration. Ceux
qui affirment leur droit de pécher comme ils le désirent ne donnent aucune
preuve de régénération. Ils ne font pas partie de ces "petits"
égarés, mais ce sont des pécheurs perdus qui sont concernés par la prédication
de l'Evangile.
Dans ces conditions,
est-ce que ce passage nous enseigne que des faux enseignements publics ne
devraient jamais être jugés ni corrigés, sans avoir d'abord demandé sa
permission au faux docteur ? Non ! Nous le verrons dans de nombreux
autres passages, nous ne pouvons pas permettre à des faux enseignements de
pénétrer dans l'Eglise, pour cette raison précise que Jésus nous demande de
prendre soin du troupeau. Le bien-être spirituel de Ses "petits" Lui
est plus important que les aspirations de ceux qui se considèrent comme
"grands dans le Royaume." Le troupeau du Seigneur doit être protégé
et préservé. Permettre à des loups de pénétrer dans l'assemblée, en invoquant
Matthieu 18, serait une horrible distorsion de ce passage !
Notez que le verset
16 nous demande de faire confirmer les faits par deux ou trois témoins. C'est
important, parce que quelqu'un pourrait être faussement accusé de pécher. Les
témoins doivent confirmer que la personne en question est bien coupable de
péché, et qu'elle refuse de changer. Dans le cas d'enseignements faits en
public ou diffusés, ce processus ne peut pas s'appliquer, parce que les
"faits" sont déjà avérés et largement publiés. Ce qu'il faut, c'est
comparer ces enseignements aux Ecritures, et non déterminer si cette personne a
péché et tente de le cacher. Quand il s'agit d'un enseignement public, ce qui
est en jeu, c'est l'intégrité de la foi qui a été donnée aux saints une fois
pour toutes, et non le péché commis au sein d'une assemblée locale.
"Ne jugez de
rien avant le temps" (1 Corinthiens 4).
Paul met en garde les
Corinthiens sur la manière de juger :
"C'est pourquoi
ne jugez de rien avant le temps, jusqu'Ã ce que vienne le Seigneur, qui mettra
en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins
des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due" (1
Corinthiens 4 : 5).
Ce passage indique
que nous ne connaîtrons certaines choses que lorsque le jugement de Dieu se
manifestera, à une certaine époque encore à venir. L'une de ces choses,
mentionnée dans ce passage, concerne les "desseins des cœurs," ou
encore les motivations secrètes des hommes. Nous devons donc éviter de juger ce
que nous ne connaissons pas. Les motivations secrètes des gens nous sont
souvent cachées. En revanche, ce qui n'est pas caché, ce sont leurs
enseignements et les faits publics.
Considérez ce que
Paul écrit aux Philippiens :
"Quelques-uns,
il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute ; mais
d'autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent par
amour, sachant que je suis établi pour la défense de l'Evangile, tandis que
ceux-là , animés d'un esprit de dispute, annoncent Christ par des motifs qui ne
sont pas purs et avec la pensée de me susciter quelque tribulation dans mes
liens. Qu'importe ? De toute manière, que ce soit pour l'apparence, que ce
soit sincèrement, Christ n'est pas moins annoncé : je m'en réjouis, et je m'en
réjouirai encore" (Philippiens 1 : 15-18).
Il ne nous est pas
dit clairement comment Paul a pu connaître les motivations de ces personnes.
Car ils prêchaient bien le véritable Evangile, et Paul s'en réjouit. Mais les
choses sont très différentes quand il parle de ceux qui annoncent un faux
Evangile :
"Mais, quand
nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que
nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! Nous l'avons dit
précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu'un vous annonce un
autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème !"
(Galates 1 : 8-9).
On peut
raisonnablement penser qu'un ange du ciel est un être rempli de bonnes
intentions. Mais un faux Evangile est quelque chose de "damnable" et
doit donc être rejeté, de toute manière. Il existe beaucoup de personnes
remplies de bonnes intentions, mais qui annoncent un faux Evangile. Elles sont
sous la malédiction !
Les Corinthiens
étaient repris par Paul, car ils exerçaient un jugement sur des choses qui leur
étaient en fait inconnues.
"C'est à cause
de vous, frères, que j'ai fait de ces choses une application à ma personne et Ã
celle d'Apollos, afin que vous appreniez en nos personnes à ne pas aller au
delà de ce qui est écrit, et que nul de vous ne conçoive de l'orgueil en faveur
de l'un contre l'autre. Car qui est-ce qui te distingue ? Qu'as-tu que tu
n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne
l'avais pas reçu ?" (1 Corinthiens 4 : 6-7).
Paul leur dit la même
chose au chapitre 1 : les Corinthiens avaient l'habitude de juger pour
savoir qui était le plus grand et le meilleur, en se rangeant derrière diverses
personnalités. Paul leur demande de ne plus faire cela. Personne ne sait qui
est réellement supérieur sur le plan spirituel. Cela ne sera connu qu'au
jugement futur de Dieu. Mais ce qui peut être connu, c'est "ce qui est
écrit." Il existe un critère objectif pour juger un enseignement, alors
que ce critère n'existe pas quand il s'agit de juger les motivations des cœurs
ou la supériorité relative d'une personne.
Jusqu'ici, nous avons
donc constaté l'existence d'un thème cohérent : il nous est interdit de
juger les motivations secrètes, ainsi que le degré de spiritualité des autres
Chrétiens. Mais nous devons juger ce qui est enseigné, pour savoir si cela
concorde avec le véritable Evangile, et avec ce qui est contenu dans les
Ecritures.
Il existe aussi une
autre manière de juger les enseignements. Mais la plupart des Chrétiens se
méprennent à son sujet. Il s'agit de ce que Jésus nous dit dans Matthieu 7,
quand Il parle de juger par les fruits.
"Vous les
reconnaîtrez à leurs fruits" (Matthieu 7).
On connaît bien ces
paroles de Jésus, qui sont souvent citées. Ce qui est étonnant, cependant,
c'est que les gens, la plupart du temps, interprètent cette phrase d'une
manière qui n'a plus rien à voir avec le problème soulevé par Jésus dans ce
passage. Ils considèrent que les "fruits" sont des qualités de leur
caractère, leur popularité, ou les signes surnaturels qui accompagnent leur ministère.
Je vais donc étudier chacun de ces points de vue, avant de montrer ce que Jésus
a vraiment voulu dire.
Examinons ce passage,
où Jésus nous met en garde contre les faux prophètes :
"Gardez-vous des
faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce
sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on
des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon
arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits"
(Matthieu 7 : 15-17).
Tout d'abord,
les fruits ne sont pas les traits de la personnalité. Extérieurement, les faux prophètes ressemblent aux
vraies brebis. Ce sont souvent des gens charmants, aimables, patients,
désarmants, affables, captivants, et qui possèdent bien d'autres qualités
merveilleuses. Ceux qui sont séduits par les faux prophètes sont égarés par
cette fausse idée que les "fruits" dont parle Jésus sont ces qualités
de la personnalité. Ils ne comprennent pas que le Dalaï Lama, par exemple,
possède ces qualités, et qu'il n'est certainement pas un Chrétien ! Le
fait d'avoir une apparence charmante, c'est ce qui constitue justement les
"vêtements de brebis."
Les fruits ne
sont pas non plus le nombre des sympathisants. Beaucoup prétendent que la popularité est le signe
d'un bon fruit. Mais le contexte nous montre quelque chose de très
différent :
"Entrez par la
porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la
perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là . Mais étroite est la porte,
resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent"
(Matthieu 7 : 13-14).
Les faux conducteurs
spirituels d'Israël avaient plus de partisans que Jésus. Leur popularité
n'était donc certainement pas ce que Jésus appelait "leurs fruits."
Enfin, les
signes et les miracles ne sont pas les fruits dont parle Jésus. Là encore, nous devons nous rapporter au
contexte :
"C'est donc Ã
leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent : Seigneur,
Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-lÃ
seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me
diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par
ton nom ? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n'avons-nous
pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai
ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité"
(Matthieu 7 : 20-23).
Ceux qui appellent
Jésus "Seigneur" viennent en Son Nom et accomplissent des signes et
des prodiges de puissance. Mais ils sont des faux prophètes, s'ils refusent de
demeurer dans les limites fixées par Dieu. C'est un concept important, car il
concerne la rébellion des faux prophètes, leur dérèglement spirituel et leur
résistance fondamentale, par rapport à la Parole de Dieu.
Les limites fixées
par Dieu nous sont rappelées par les porte-parole qu'Il a établis. Pour nous,
il s'agit des enseignements de Christ et de Ses apôtres. (Voir Hébreux 1 :
1-2 et 2 : 3-4). Jésus était le Prophète annoncé par Moïse, et que nous
devons écouter (Deutéronome 18 : 15 ; Marc 9 : 2-7 ; Jean 5
46-47, etc…). L'épître aux Hébreux contient cet avertissement :
"Celui qui a
violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de
trois témoins ; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne
celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le
sang de l'alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit
de la grâce ?" (Hébreux 10 : 28-29).
La rébellion
spirituelle ne tient pas compte des termes de l'alliance divine. Jésus nous a
révélé les termes et les limites des croyances et des pratiques que nous devons
respecter sous la Nouvelle Alliance, comme les termes et les limites des
croyances et des pratiques que les Israélites devaient respecter, sous la Loi
de Moïse. Jean nous met aussi en garde dans sa seconde épître :
"Quiconque va
plus loin et ne demeure pas dans la doctrine
de Christ n'a point Dieu ; celui qui demeure dans cette
doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette
doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas :
Salut ! Car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses
mauvaises œuvres." (2 Jean 9-11.
Quand nous comprenons
les paroles de Jésus de cette manière, les faux prophètes sont ceux qui
enseignent et pratiquent la rébellion spirituelle. Ils ne sont pas demeurés
dans les limites des enseignements du Nouveau Testament. Nous pouvons le voir
quand nous poursuivons la lecture de ce passage de Matthieu 7 :
"C'est pourquoi,
quiconque entend ces paroles que je
dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent
qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus,
les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n'est
point tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces
paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme
insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents
sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est
tombée, et sa ruine a été grande" (Matthieu 7 : 24-27).
Les rebelles
spirituels ne demeurent pas dans les enseignements de Christ. Ce sont eux les
faux prophètes. Les fruits par lesquels ils se font connaître sont d'abord
leurs enseignements, et non les traits de leur personnalité, ni le nombre de
leurs partisans, ni leurs miracles.
(Note de Parole de Vie: Les faux
prophètes peuvent aussi être ceux qui donnent de bons enseignements, mais qui
ne les mettent pas en pratique dans leur vie personnelle. Ils
"entendent," et peuvent donc répéter, les paroles de Jésus, mais ils
ne les mettent pas en pratique. Il faut donc aussi pouvoir être en mesure de juger
les actes de leur vie
personnelle. On peut se réjouir qu'ils annoncent à un moment donné le véritable
Evangile. Mais le fait qu'ils ne le mettent pas en pratique ouvrira tôt ou tard
la porte à des erreurs doctrinales. L'impureté de la vie s'associera toujours Ã
l'impureté de la doctrine, et inversement. Finalement, il faut surveiller
l'évolution de leurs enseignements dans le temps. Si ces enseignements restent
entièrement fidèles à la doctrine de Christ jusqu'au bout, on peut en conclure
que l'on a affaire à des véritables prophètes.)
Afin de souligner
combien il est important de juger les enseignements, nous examinerons le
discours adressé par Paul aux anciens d'Ephèse. Nous verrons que la tâche
essentielle des pasteurs et des anciens est la préservation du troupeau de
Dieu.
Anciens de
l'Eglise et loups ravisseurs.
Dans Actes 20, Paul
parle aux anciens d'Ephèse, et leur rappelle les devoirs des conducteurs de
l'Eglise : proclamer la vérité et garder le troupeau des loups ravisseurs.
Tout d'abord, Paul leur rappelle sa propre conduite, quand il était Ã
Ephèse :
"Vous savez que
je n'ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n'ai pas craint de
vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons, annonçant
aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur
Jésus-Christ" (Actes 20 : 20-21).
Prêcher la repentance
et la foi constitue un thème important chez Luc, aussi bien dans son Evangile
que dans les Actes (Luc 24 : 47 ; Actes 2 : 38, Actes 17 :
30-31, Actes 26 : 17-20 en particulier). Suite à la prédication de Paul,
une église fut formée à Ephèse. Des anciens furent nommés, et ils furent
convoqués par Paul alors qu'il se rendait à Jérusalem. Ce qu'il leur dit nous
révèle ce qui est vraiment important pour toutes les églises.
"Et maintenant
voici, je sais que vous ne verrez plus mon visage, vous tous au milieu desquels
j'ai passé en prêchant le royaume de Dieu. C'est pourquoi je vous déclare
aujourd'hui que je suis pur du sang de vous tous, car je vous ai annoncé tout
le conseil de Dieu, sans en rien cacher" (Actes 20 : 25-27).
Notez tout d'abord
que la prédication de Paul était celle du "Royaume de Dieu." Il
définit ce qu'il entend par là au verset 21 : "annonçant aux Juifs et
aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur
Jésus-Christ." Le "message du Royaume" n'était pas ce que l'on
peut entendre aujourd'hui, par exemple l'Evangile social. Mais il s'agissait de
l'Evangile de la repentance et de la foi en Jésus (voir Marc 1 : 14-15).
C'est en respectant ces termes que l'on entre dans le Royaume de Dieu.
Ensuite, notez que
Paul se proclame innocent du sang de ses auditeurs. Cela signifie que s'il
n'avait pas proclamé la repentance et la foi en Jésus, ainsi que "tout le
conseil de Dieu," c'est-à -dire tout ce que Dieu lui avait révélé de Ses
plans, Paul aurait mis en péril l'âme des Ephésiens, il aurait échoué dans sa
mission sacrée, et il aurait été coupable de ne pas les avertir du jugement Ã
venir (voir Ezéchiel 33 :6).
Cette même
responsabilité s'applique donc à tous les pasteurs et conducteurs actuels de
l'Eglise. C'est quelque chose de capital, car le troupeau de Dieu doit être
équipé pour résister aux assauts des innombrables loups ravisseurs qui se
lèvent ou vont se lever.
Paul avertit les
conducteurs de l'Eglise de la venue de ces loups ravisseurs :
"Prenez donc
garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a
établis évêques, pour paître l'Eglise du Seigneur, qu'il s'est acquise par son
propre sang. Je sais qu'il
s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui
n'épargneront pas le troupeau, et qu'il
s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des
choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous
souvenant que, durant trois années, je n'ai cessé nuit et jour d'exhorter avec
larmes chacun de vous" (Actes 20 : 28-31).
Il est important de
réaliser que ces loups proviendront de deux sources : de l'extérieur, et
de l'intérieur de l'Eglise. Les loups sont toujours ennemis du bien-être des
brebis ! Il est de la responsabilité des bergers de s'assurer que leurs
brebis sont bien protégées des loups. Pour cela, il faut identifier les loups.
On pourra les identifier par leurs enseignements. Paul dit que ces loups cruels
enseigneront des "choses pernicieuses." "Pernicieux"
signifie aussi "déformé, faussé." Leurs enseignements sont une
déformation des véritables enseignements de Christ et de Ses apôtres. Un loup
est donc celui qui, délibérément, donne des enseignements déformés ou faussés,
et qui refuse de s'en repentir quand on lui démontre ses erreurs par les
Ecritures. Les anciens doivent mettre en garde les brebis contre de telles
personnes.
Qu'est-ce qui se
produit quand ces loups enseignent ? Ils "entraînent les disciples
après eux." Les faux prophètes et les faux docteurs donnent un
enseignement qui provient d'eux-mêmes. Ils ne donnent pas "tout le conseil
de Dieu." Ces loups attirent les disciples après eux, parce qu'ils sont la
seule source de leur enseignement. Quand l'Eglise proclame les termes
véritables de l'Alliance et tout le conseil de Dieu, les doctrines
"pernicieuses" annoncées par les loups ne seront pas acceptées par
les pasteurs et les anciens fidèles. Les doctrines pernicieuses ne seront
jamais confirmées par l'autorité des Ecritures. Par conséquent, si les loups
réussissent à donner à certaines brebis de l'appétit pour ce qu'ils leur
offrent, ces brebis devront continuer à suivre ces loups, pour assouvir leur
appétit. Comme ces enseignements ne viennent pas de Dieu, ces brebis sont peu Ã
peu séparées du véritable troupeau. Elles courent un grand danger spirituel, et
risquent même de tomber dans la perdition.
Il s'agit d'une
situation très sérieuse. Dans Jean 10, Jésus utilise aussi l'image du troupeau
pour montrer que les voleurs n'entrent pas dans la bergerie par la vraie
porte :
"En vérité, en
vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie,
mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand" (Jean
10 : 1). Jésus est la Porte des brebis (Jean 10 : 7). Jésus est monté
au Ciel. Ses enseignements, tels qu'ils nous sont donnés dans le Nouveau
Testament, tracent les limites que ne doivent pas franchir les brebis. Les
anciens de l'Eglise sont responsables de faire observer les véritables paroles
de Christ et de Ses apôtres. Ils sont aussi responsables d'identifier les
voleurs qui ne demeurent pas dans les enseignements de Christ. Les faux
docteurs refusent de faire cela :
"Mais le
mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis,
voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup
les ravit et les disperse. Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire,
et qu'il ne se met point en peine des brebis" (Jean 10 : 12-13).
Jésus est le véritable
Berger. Le mot "pasteur" est associé à l'idée de "berger."
Tous les bergers travaillant avec le véritable Berger doivent nourrir les
brebis des pures paroles de Dieu, et les garder des paroles pernicieuses. Tous
ceux qui refusent de faire cela ne sont que des mercenaires.
Les avertissements
de Paul se sont réalisés.
Timothée devint l'un
des principaux dirigeants de l'Eglise d'Ephèse, dont les anciens avaient été
avertis par Paul, concernant les loups. Les avertissements de Paul se sont
réalisés. Nous voyons, dans les épîtres à Timothée, que des faux docteurs se
sont effectivement levés. Certains d'entre eux faisaient sans doute partie des
anciens. C'est pour cela que Paul exhorte Timothée à corriger les erreurs et Ã
défendre les critères de la saine doctrine. C'est aussi pour cela qu'il définit
les qualifications des véritables anciens.
Paul a même indiqué
qui étaient ces faux docteurs, en citant leurs noms à Timothée : "Le
commandement que je t'adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties
faites précédemment à ton sujet, c'est que, d'après elles, tu combattes le bon
combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience,
quelques-uns l'ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. De ce
nombre sont Hyménée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan, afin qu'ils
apprennent à ne pas blasphémer" (1 Timothée 1 : 18-20).
Pourquoi faut-il
reprendre publiquement les faux docteurs ? Parce que leur enseignement est
public ! Il n'est pas nécessaire de rechercher deux ou trois témoins, ou d'organiser
une réunion privée, pour déterminer si un enseignement public est biblique ou
non. Tous ceux qui ont entendu ces enseignements savent ce que leurs auteurs
croient et enseignent. Le problème est de savoir si leur enseignement est
biblique. Les faux enseignements nuisent à l'Eglise, et ne peuvent être
tolérés. Paul dit que ce sont des gens qui "ont fait naufrage par rapport
à la foi." L'emploi de l'article défini indique que c'est le contenu de
leur enseignement qui était faux. Il n'était pas conforme à "la foi qui a
été transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 1 : 3).
Paul, après avoir
défini les qualifications des anciens, rappelle à Timothée quel est le rôle
crucial de l'Eglise : "Je t'écris ces choses, avec l'espérance
d'aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut
se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Eglise du Dieu vivant, la colonne
et l'appui de la vérité" (1 Timothée 3 : 15). Les anciens et les
pasteurs qui méprisent la saine doctrine ne peuvent pas être tolérés. Quand ils
enseignent des fausses doctrines, leur conduite est inacceptable. Car ils sont
responsables de faire en sorte que l'Eglise soit "la colonne et l'appui de
la vérité."
Paul prophétise que,
dans les derniers jours, beaucoup de gens "abandonneront la foi, pour
s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1
Timothée 4 : 1). Paul exhorte Timothée à instruire l'Eglise concernant
cette question si importante, pour la mettre en garde contre les faux
enseignements et pour promouvoir la vérité : "En exposant ces choses
aux frères, tu seras un bon ministre de Jésus-Christ, nourri des paroles de la
foi et de la bonne doctrine que tu as exactement suivie" (1 Timothée
4 : 6). Aujourd'hui, beaucoup méprisent même le mot "doctrine"
et accusent ceux qui croient qu'il est important de corriger les fausses
doctrines, et de recevoir la vraie doctrine, d'être poussés par des mauvaises
motivations. Ce n'est pas du tout ce que Paul dit à Timothée :
"Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces
choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux
qui t'écoutent" (1 Timothée 4 : 16). Ce que l'on enseigne produit des
conséquences, des conséquences éternelles. Si l'on permet à des faux enseignements
de pénétrer dans l'Eglise, c'est le salut des âmes qui est en jeu.
Le devoir essentiel
des anciens et des pasteurs a toujours été de protéger le troupeau des faux
enseignements, et de nourrir ce troupeau en lui dispensant la saine doctrine.
Mais, dans ces derniers jours, la bataille s'intensifie. Nous vivons à une
époque de séduction et d'apostasie. Ainsi donc, plus que jamais auparavant,
nous devons nous opposer publiquement aux faux enseignements, et ne pas
permettre qu'ils pénètrent dans l'Eglise. Paul nous donne cet avertissement,
qui est aussi une prophétie :
"Je t'en conjure
devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et
au nom de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute
occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et
en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la
saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses
agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs,
détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables" (2
Timothée 4 : 1-4).
Si les gens ne
veulent pas entendre la saine doctrine, à cause de la séduction de la fin des
temps, prêchez-leur quand même la saine doctrine ! Ce sont les anciens qui
doivent démontrer la capacité et la volonté de le faire, car ils doivent être
"attachés à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, afin d'être
capable d'exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs"
(Tite 1 : 9).
Les devoirs des
pasteurs et des anciens sont très clairs dans Actes 20 et les épîtres
pastorales. Ils doivent enseigner la vraie doctrine, corriger la fausse
doctrine, et protéger le troupeau contre les loups. Hélas, ceux qui le font sont
souvent accusés de causer des divisions, ou de pécher parce qu'ils ont
"jugé," parce que "Jésus nous demande de ne pas juger." Ils
se trompent de problème. Nous ne devons pas juger les motivations des cœurs, ni
chercher à savoir si l'un est plus juste que l'autre. Mais nous devons juger
les enseignements publics.
Paul a repris
Pierre publiquement.
Dans Galates 2, Paul
raconte de quelle manière il a dû reprendre Pierre publiquement :
"Mais lorsque
Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il était
répréhensible. En effet, avant l'arrivée de quelques personnes envoyées par
Jacques, il mangeait avec les païens ; et, quand elles furent venues, il
s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres
Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné
par leur hypocrisie. Voyant qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de
l'Evangile, je dis à Céphas, en présence de tous : Si toi qui es Juif, tu
vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu
les païens à judaïser ?" (Galates 2 : 11-14).
Paul a repris
publiquement Pierre, parce que ce dernier ne marchait pas publiquement selon
les convictions qu'il défendait en privé. Paul a défini le comportement de
Pierre et de ceux qui l'ont suivi, de la manière suivante : "ils ne
marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile." Le comportement de
Pierre voulait dire que les Gentils convertis à Christ étaient toujours
"impurs," tant qu'ils ne se soumettaient pas aux lois juives sur la
nourriture. C'était en contradiction complète avec ce qui avait été décidé lors
du concile de Jérusalem, dans Actes 15. On avait alors décidé qu'il ne fallait
pas exiger des Gentils qu'ils suivent la Loi de Moïse.
L'ironie de cette
situation, c'est que c'est Pierre lui-même qui avait parlé pour convaincre
l'Eglise qu'il n'était pas juste d'imposer la Loi aux Gentils :
"Une grande
discussion s'étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes frères,
vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma
bouche, les païens entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et
Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le
Saint-Esprit comme à nous ; il n'a fait aucune différence entre nous et
eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi
tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères
ni nous n'avons pu porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Jésus que
nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux" (Actes 15 :
7-11).
Paul savait que
Pierre et lui croyaient en la même chose ; ils étaient tous deux d'accord
sur la décision du concile. Il n'y avait aucune raison d'aller trouver Pierre
en privé pour le corriger. Paul a traité immédiatement ce problème en public,
"en présence de tous." Le comportement public de Pierre était un
reniement de sa confession privée. Etre "droit selon la vérité de
l'Evangile" signifie qu'il doit y avoir un accord entre nos convictions
personnelles d'une part, et notre prédication et notre comportement publics
d'autre part. Tout manque d'accord dans ce domaine est appelé
"hypocrisie" par le Nouveau Testament.
Voici ce qui se passe
souvent quand un enseignant proclame des fausses doctrines : quand on le
reprend à ce sujet, il nous présente une confession de foi qui est orthodoxe.
Pourtant, ce qu'il enseigne publiquement est dommageable pour ceux qui
l'entendent. Même s'il prétend avoir une confession de foi orthodoxe, ce sont
les faux enseignements qu'il donne en public qui ont besoin d'être publiquement
contestés.
Ce que nous
pouvons, et ce que nous ne pouvons pas juger.
Nous avons vu que
nous ne devons pas juger les motivations. Nous ne devons pas non plus juger les
degrés relatifs de piété personnelle. Ces deux facteurs ont en commun le fait
qu'il s'agit de choses inconnues. Les motivations sont cachées. Dieu seul sait
ce qu'il y a dans les cœurs. Nous ne savons pas qui est plus juste ou plus
pieux que les autres.
Nous ne devons pas
accuser quelqu'un de péché, sans le témoignage de deux oui trois personnes. Le
fait de devoir présenter deux ou trois témoins empêche l'accusateur de produire
des faux témoins contre un frère, pour le mettre injustement sous discipline.
Mais s'il y a des témoins, les faits sont donc considérés comme avérés, et l'on
peut prononcer un jugement. Dans tous les cas, on doit garder l'espoir d'une
repentance et d'une restauration de celui qui a péché. Paul a écrit :
"Je vais chez vous pour la troisième fois. Toute affaire se réglera sur la
déclaration de deux ou de trois témoins" (2 Corinthiens 13 : 1).
Comme le précise le verset 2 de ce passage, il s'agissait de "ceux qui
avaient péché."
Il y a encore un
jugement que l'on ne doit pas faire. Selon Romains 14, nous ne devons pas juger
des choses qui sont des questions de conscience personnelle, et pour lesquelles
il n'y a aucun commandement universel. Voici ce que Paul a écrit :
"Faites accueil
à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions. Tel
croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des
légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que
celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l'a accueilli.
Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d'autrui ? S'il se tient debout, ou
s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur
a le pouvoir de l'affermir" (Romains 14 : 1-4).
Plus loin, dans ce
même chapitre, Paul demande de ne pas juger nos frères, pour des questions qui
entrent dans le domaine de la liberté chrétienne : la nourriture ou
l'observation de certains jours (Romains 14 : 4-10). Il ne serait pas
juste d'excommunier un frère plus faible dans sa foi, parce qu'il fait preuve
de scrupules de conscience dans des domaines où la Bible nous laisse
légitimement notre liberté. Mais si ce frère plus faible exigeait que tous se
plient à ses propres scrupules, comme une condition nécessaire de leur
communion fraternelle, il se comporterait alors avec un légalisme illégitime. Il
faudrait lui résister et même, s'il ne voulait pas se repentir de son attitude,
l'exclure de la communion fraternelle.
Ceux qui font preuve
de légalisme illégitime prétendent que les autres pèchent, alors qu'ils ne
pèchent pas. C'est cela qui n'est pas juste. Cela revient à se substituer Ã
Dieu dans la définition de Sa Loi. Juger de cette manière revient à décréter
que telle personne a péché, alors qu'on n'en sait rien.
Toutefois, nous
pouvons juger ce qui est vrai ou faux, juste ou impie, en fonction de ce qui
nous est révélé dans les Ecritures. Nous pouvons juger les enseignements donnés
en public, pour proclamer s'ils sont vrais ou faux. Dans ce cas, nous devons
les réfuter publiquement. Paul l'a fait. Paul a dit à Timothée de le faire.
Paul a donné aux anciens la responsabilité de le faire. L'Eglise doit être mise
en garde contre les loups quand ils se présentent, qu'ils viennent de
l'intérieur de l'Eglise ou de l'extérieur. De même, nous devons juger les
prophéties, en utilisant les critères objectifs de la Bible (1 Corinthiens
14 : 29 et 1 Thessaloniciens 5 : 21).
Le critère d'action
important est le suivant : nous pouvons, et devons juger, en fonction de
ce que nous connaissons objectivement ; mais nous ne devons pas juger,
quand il s'agit de ce que nous n'avons pas constaté objectivement. Quand vous
avez à prononcer un jugement, posez-vous donc la question suivante :
"Puis-je être certain que cela est vrai ?" Si la réponse est
négative, nous ne pouvons pas juger. Mais si la réponse est positive, et si le
problème touche au péché ou à la doctrine biblique, non seulement nous pouvons
juger, mais nous devons juger. Les enseignements donnés publiquement entrent
dans cette catégorie.
Conclusion.
Trop souvent, les
gens disent à tort que, dès qu'un auteur a publié un livre, ou qu'un
prédicateur a prononcé un sermon, personne n'a le droit de juger le contenu de
ces enseignements, sans en avoir d'abord demandé la permission à l'auteur ou au
prédicateur. Paul n'a pas demandé à Pierre la permission de le reprendre publiquement.
Il n'a pas non plus demandé à Hyménée et à Alexandre la permission de les
reprendre pour les fausses doctrines qu'ils enseignaient. On se trompe donc de
problème, quand on laisse les faux docteurs répandre leurs enseignements dans
tout le Corps de Christ, sous prétexte que l'on n'a pas eu recours à la
procédure décrite dans Matthieu 18. Matthieu 18 concerne une accusation de
péché, quand un membre d'une congrégation accuse un autre membre d'avoir péché.
Dans ce cas, il faut présenter deux ou trois témoins, quand une confrontation
personnelle privée s'est montrée inefficace.
Les enseignements
largement publiés ne nécessitent pas deux ou trois témoins. Tout le monde peut
vérifier ce qui a été enseigné. Il faut juger si ces enseignements sont conformes
à la Bible ou non. Ceux qui donnent ces enseignements doivent être repris
publiquement. S'ils continuent à donner ces faux enseignements, au mépris de la
foi qui a été donnée aux saints une fois pour toutes, ils doivent être
considérés comme des loups, et les brebis doivent être mises en garde contre
eux.
Aujourd'hui, les
enseignements des loups sont diffusés par la télévision, la radio, Internet,
les livres, les séminaires et bien d'autres médias disponibles. Aucun pasteur
ne pourrait contacter individuellement chaque auteur pour discuter avec lui des
hérésies qu'il enseigne. D'ailleurs, on ne lui demande pas de le faire. Ce qui
est exigé des pasteurs et des anciens, c'est qu'ils réfutent les hérésies, en
enseignant la saine doctrine, et qu'ils mettent en garde les brebis de toute
influence pernicieuse. Hélas, bien peu d'anciens ou de pasteurs sont prêts à le
faire. Nombreux sont ceux qui se vantent de ne jamais corriger personne, et qui
laissent trop facilement les loups dévorer le troupeau, sous prétexte
d'humilité et d'unité. Si nous refusons de juger les faux enseignements, nous
négligeons d'exercer les responsabilités qui nous ont été données par Dieu.
Quand juger, et
quand ne pas juger.
Voici à présent le
résultat d'une étude détaillée que j'ai faite, sur le verbe grec
"krino" (discerner, juger) et ses dérivés. Je me suis efforcé de
retrouver dans le Nouveau Testament tous les versets où ces mots grecs
apparaissent. J'ai ensuite éliminé tous les versets concernant les jugements de
Dieu, car notre problème est de savoir quand nous, humains, devons juger ou
non. J'ai ensuite examiné chaque passage dans son contexte, pour en déterminer
le sens. Dans certains cas, j'ai dû consulter certaines sources compétentes,
lorsque la signification du texte biblique n'était pas apparente. Puis j'ai
regroupé ces divers versets en catégories homogènes, en fonction du mot grec
originel. Enfin, j'ai classé les catégories en fonction de ce que nous devons
faire ou ne pas faire, en mettant à part certaines catégories marginales. Le
résultat qui m'a paru le plus intéressant est que la catégorie la plus
importante concernait la nécessité de discriminer en fonction des faits, et/ou
en fonction des Ecritures.
Juger, ou
discriminer (discerner) correctement, en fonction des faits et/ou des
Ecritures : Krino : Luc 7 : 43, Luc 12 : 57, Jean
7 : 22-24, Jean 7 : 51, Jean 8 : 15-16, Actes 4 : 19, Actes
15 : 19, Actes 16 : 15, Actes 23 : 26, 1 Corinthiens 2 : 2,
1 Corinthiens 5 : 3, 1 Corinthiens 5 : 12-13, 1 Corinthiens 7 :
37, 1 Corinthiens 10 : 15, 1 Corinthiens 11 : 13, 1 Corinthiens
11 : 31-32, 2 Corinthiens 5 : 14. Diakrino : Matthieu
16 : 13, 1 Corinthiens 11 : 29-31, 1 Corinthiens 14 : 29. Diakrisis : Hébreux 5 :
14.
Discerner les esprits :
Diakrisis : 1
Corinthiens 12 : 10.
Ne pas juger les motivations ni
la piété relative : Krino : Matthieu 7 : 1-3, 1 Corinthiens
4 : 5 Diakrino : 1
Corinthiens 4 : 7.
Ne pas faire preuve de partialité, ni
de préjugés : Krino :
Luc 6 : 35-38. Diakrino :
Jacques 2 : 4.
Ne pas se juger soi-même indigne de
la vie éternelle : Krino :
Actes 13 : 46.
Ne pas cacher notre propre
responsabilité en condamnant ceux qui font comme nous : Krino : Romains 2 :
1-3, Romains 2 : 27.
Ne pas juger quelqu'un pour ce que
Dieu lui a donné la liberté de faire : Krino : Romains 14 :
3-5, 10, 13, 1 Corinthiens 10 : 29.
Ne pas juger les opinions d'un frère
plus faible : Diakrisis :
Romains 14 : 1.
Ne pas permettre que l'on nous juge
dans un domaine où Dieu nous a donné la liberté : Krino : Colossiens 2 : 16.
Ne pas employer notre liberté d'une
manière qui peut blesser un frère plus faible : Krino : Romains 14 :
22.
Ne pas nous substituer à Dieu pour
définir la loi, ni juger ensuite nos frères en fonction de nos propres
décrets : Krino :
James 4 :11-12.
Ne pas traduire nos frères Chrétiens
en justice, mais exercer les jugements au sein de l'Eglise : Krino : 1 Corinthiens
6 : 1-3. Diakrino :
1 Corinthiens 6 : 5.
Ne pas avoir de doutes : Diakrino : Matthieu 21 : 21,
Marc 11 : 23, Romains 4 : 20, Jude 1 : 22, Jacques 1 : 6.
Ne pas agir quand on n'a pas une
pleine conviction : Diakrino :
Romains 14 : 23.
Ne pas poser des questions par motif
de conscience avant de manger des viandes : Anakrino : 1 Corinthiens
10 :25-27.
Laisser le Seigneur porter le
jugement final : Anakrino :
1 Corinthiens 4 : 3-4.
Prophétiser correctement dans
l'Eglise, pour que les non-croyants soient convaincus (jugés) : Anakrino : 1 Corinthiens
14 : 24.
Observer les décisions des apôtres et
des anciens : Krino :
Actes 16 : 4, Actes 21 : 25.
Ne jamais avoir d'hésitations pour
obéir au Saint-Esprit : Diakrino :
Actes 11 : 12.
Examiner soigneusement les faits
avant de juger : Anakrino :
Luc 23 : 14, Actes 12 : 19, Actes 17 : 11, Actes 24 : 8,
Actes 28 : 18, 1 Corinthiens 2 :14-15, 1 Corinthiens 9 : 3.
Source :
http://www.latrompette.net