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L'Eglise et les Juifs
de ARTHUR KATZ
"Je dis donc: Est-ce pour tomber qu‚Äôils ont bronch√©? (les juifs). Loin de l√†! Mais, par leur chute, le salut est devenu accessible aux pa√Įens, afin qu‚Äôils fussent excit√©s √† la jalousie." (Romains 11:11)




La Véritable Communion

 


Si l'Eglise, principalement compos√©e de Gentils, r√©alisait, un tant soit peu, que Dieu l'a √©tablie sur quelque chose d'exclusivement et d'initialement r√©serv√©e √† Isra√ęl, elle aurait une approche tr√®s diff√©rente dans sa mani√®re de d√©finir ce qu'est un croyant. Elle en retirerait de la sagesse et de l'humilit√© pour reconna√ģtre la bienveillance de Dieu accord√©e aux Gentils.

 

La raison en est explicitée ci-dessous :

"Je dis donc: Est-ce pour tomber qu‚Äôils ont bronch√©? Loin de l√†! Mais, par leur chute, le salut est devenu accessible aux pa√Įens, afin qu‚Äôils fussent excit√©s √† la jalousie."¬†(Romains 11:11)

 

Cela faisait partie de la strat√©gie de Dieu d‚Äôinclure les pa√Įens dans le salut. Nous, les Juifs, avons √©t√© retranch√©s de notre propre racine, √† cause de notre r√©bellion et de notre d√©sob√©issance, et vous, les Gentils, avez √©t√© greff√©s sur cette racine - non pas pour en jouir des b√©n√©fices - mais pour refl√©ter le niveau de foi auquel vous √™tes parvenus et qui aurait d√Ľ tourner √† notre avantage. Vous √™tes dans une relation d'alliance avec notre Dieu et avez √©t√© greff√©s sur Sa racine, et par cons√©quent, la s√®ve de Dieu devrait couler en vous et produire des fruits et d‚Äôautres b√©n√©dictions. Quelque chose devrait se d√©gager des Gentils, en vue d'alerter les Juifs incroyants sur la r√©alit√© de leur propre Dieu, au point de les exciter √† la jalousie.

 

Exciter les Juifs à la jalousie

 

L'Eglise, qui est capable de manifester l'infinie sagesse de Dieu devant les principaut√©s et les autorit√©s des puissances de l'air, est aussi une Eglise qui a acquis de la maturit√©, de la stature et la capacit√© d'exciter les Juifs √† la jalousie. Les deux myst√®res n'en forment en fait qu'un seul. Tout pa√Įen qui Ňďuvrera en faveur d'un Juif, sans se pr√©occuper de l'√©ventuelle souffrance qui en d√©coulera, manifeste la sagesse de Dieu. Il n'agira pas seulement de son plein gr√©, mais ce sera pour lui un honneur et un privil√®ge, m√™me et surtout s'il doit en souffrir, se rappelant que sa r√©compense dans le ciel est sup√©rieure et √©ternelle. Dieu a en r√©serve une sagesse sup√©rieure, savoir Ses attributs et Sa nature dont Il veut rev√™tir Son peuple.

 

Puisse l'Eglise devenir un corps apostolique, pr√©curseur du Royaume, qui supplantera les autorit√©s de ce monde. Le monde ferait ainsi tomber son masque et viendrait √† elle pour lui exposer ses probl√®mes. Tant que nous n'aurons pas pris conscience de la r√©alit√© et de l'ampleur du combat de la fin des temps, qui se joue entre les nations et les cultures, nous serons incapables de mesurer l'importance de la place d'Isra√ęl au centre de cette bataille, et nous ne comprendrons pas la d√©termination des puissances des t√©n√®bres √† vouloir le d√©truire. Elles ha√Įssent ce peuple d‚ÄôIsra√ęl, car il est le peuple de Dieu. Depuis qu'Isra√ęl existe, il est un t√©moignage de l'intention de Dieu d'√©tablir Ses lois sur Sa propre cr√©ation, cr√©ation qui est pass√©e sous l'influence des principaut√©s et des puissances depuis la chute d'Adam.

 

Isra√ęl est le test que Dieu a choisi pour l'Eglise, afin de sonder son authenticit√© et son niveau de sanctification. Bon nombre d'√©minents serviteurs de Dieu ont v√©ritablement √©chou√©. Luther, le g√©ant de la R√©forme, √©choua √† ce test. Il passa quelque temps en compagnie de trois remarquables rabbins, en pensant na√Įvement les persuader de la v√©rit√© de la R√©forme et qu'ils reconna√ģtraient en elle la r√©v√©lation de la foi du Dieu d'Isra√ęl, mais ils ne purent se mettre d'accord sur le sujet. Le catholicisme a laiss√©, sur le peuple juif, une empreinte plus profonde que le protestantisme r√©form√©.¬†

 

Les Juifs, en rejetant d'une façon si brutale, les arguments bibliques de Luther relatifs au salut en Jésus Christ, conformément aux Saintes Ecritures, s’engagèrent dans une attitude blasphématoire. Luther en déduisit donc que la présence d'une entité juive ou d'un groupe de Juifs au sein de l'Europe réformée constituerait une menace pour la jeune Réforme. Pris d'une espèce de rage, il fut poussé à produire un livre intitulé Les Mensonges des Juifs, qui provoqua la persécution des Juifs par l'Allemagne nazie, quatre siècles plus tard. De tous temps, les Juifs ont été le plus grand défi de l'Eglise. Ils ont quelque chose d'irritant et de contrariant.

 

Polycarpe, l'un des premiers grands martyres, d'apr√®s le¬†Livre des Martyres¬†de Foxe, fut condamn√© √† mourir br√Ľl√© vif sur un b√Ľcher. On raconte que les Juifs furent parmi les premiers √† trouver les combustibles et l'on ajouta le commentaire suivant :¬†"Ils agissent toujours de cette mani√®re."¬†Ils semblent avoir pris un malin plaisir √† contribuer et √† √™tre complice du martyre des √©lus de Dieu, r√©v√©lant ainsi la profondeur de leur haine envers le christianisme.

 

La centralit√© d'Isra√ęl

 

En tant qu'Eglise, nous devons savoir que nous aurons √† r√©pondre cons√©quemment √† la chute d'Isra√ęl. Pour Dieu, le but de notre salut est d‚Äôexciter Isra√ęl √† la jalousie. Si nous restons indiff√©rents aux int√©r√™ts de Dieu et au but de notre salut, alors nous ne sommes ni Ses disciples, ni Ses enfants l√©gitimes. On peut occuper des fonctions, diriger des programmes, mener des actions sociales, √™tre m√™me en b√©n√©diction √† des personnes - et le Seigneur nous laissera tout le champ libre - mais n'allons pas imaginer qu'Il nous fera partager l'h√©ritage de Ses desseins √©ternels. Isra√ęl est au cŇďur de ces desseins.

 

Ce qui distingue principalement l'Eglise en tant que telle, ce n'est pas sa pr√©occupation de ses projets personnels, mais sa pr√©occupation des int√©r√™ts de Dieu. T√©moigner aux principaut√©s et aux puissances de l'air l'infinie sagesse de Dieu n'est pas √† notre avantage, mais au Sien. C'est le dessein √©ternel de Dieu en J√©sus-Christ. La seule tache dans le cŇďur de l'Eglise, aujourd'hui, qui annule son statut d'Eglise apostolique, c'est son incapacit√© √† faire siens les int√©r√™ts de Dieu et la faveur de Dieu. L'Eglise est encore centr√©e sur elle-m√™me.¬†"Nos b√©n√©dictions. Nos int√©r√™ts. Le b√©n√©fice de la foi. Nous √©chappons √† la tribulation. Nous allons au ciel. Le culte √©tait-il bon? Comment avez-vous trouv√© la pr√©dication? Qu'en avez-vous retir√©?"

 

Tout est ramen√© √† nous-m√™mes, nos go√Ľts, nos satisfactions. Nous avons introduit dans l'Eglise les √©gocentrismes dont nous √©tions empreints dans le monde et qui, aujourd'hui, prennent un visage religieux ou spirituel - un visage nouveau mais qui est cependant tout aussi √©gocentrique. Avez-vous remarqu√© combien nous sommes, m√™me de mani√®re inconsciente et involontaire, √©gocentriques, et que m√™me l'air que nous respirons, la sagesse √©gocentrique du monde, a √©galement p√©n√©tr√© dans l'Eglise? En derni√®re analyse, chaque question est fond√©e sur le gain per√ßu m√™me en tant que croyant. Quelque chose doit briser le pouvoir de l'influence √©gocentrique et Dieu nous a confi√© un mandat et lanc√© un appel √† une t√Ęche qui nous d√©passe, c'est √† dire √† un but pour notre existence et pour notre salut, en excitant Isra√ęl √† la jalousie, conform√©ment √† la perspective divine .¬†

 

Nous vivons pour nous-m√™mes, et cela transpara√ģt dans nos attitudes. Nous avons contract√© cette maladie et ce fl√©au et nous en serons toujours atteints, car nous n'avons jamais eu d'autre objectif pour notre salut que nos int√©r√™ts personnels, c'est-√†-dire notre bien-√™tre. Nous nous satisfaisons seulement de ce qui nous touche personnellement, au lieu de consid√©rer le seul crit√®re agr√©able √† Dieu, √† savoir Sa gloire √©ternelle.

 

Ceux d'entre nous qui ont quelque notion de la gloire de Dieu, savent qu'elle est toujours pr√©c√©d√©e d'une in√©vitable souffrance. Combien, dans l'Eglise, resteront fermes et supporteront cette souffrance qui pr√©c√®de la gloire? Si nous nous tenons ensemble, suffisamment longtemps et pleinement unis, les circonstances provoqueront in√©luctablement des d√©monstrations de courage pour les temps d'apostasie et de d√©tresse √† venir, pas seulement pour les autres, mais, pour notre d√©plaisir, dans nos propres rangs. L'unique raison pour laquelle nous ne connaissons pas cette souffrance, c'est que nous ne restons pas suffisamment longtemps, ni pleinement unis, ensemble pour l'exp√©rimenter. Lorsque les conditions commencent √† peine √† devenir d√©sagr√©ables, nous cherchons ailleurs une autre alternative, avec l'id√©e que, de toute fa√ßon, l'Eglise n'est qu'un lieu de plaisir, et nous ne comprenons pas que c'est un lieu d'affliction avant d'√™tre un lieu de gloire. Nous ne serons pas un corps authentique tant que notre raison d'exister ne sera pas la gloire de Dieu ‚Äď quel que soit le prix √† payer.

 

Ce ne sont pas les amplificateurs tonitruants dans la rue et qui couvrent la voix de l'Eglise, ni un groupe musical talentueux, qui exciteront les Juifs √† la jalousie. Si l'Eglise veut atteindre ce but, son expression devra √™tre d'une autre nature, et j'ai l'intuition que cette nature c'est le Ciel et que le Ciel, ici, repr√©sente la justice, la v√©rit√© et l'authenticit√©. La cl√© pour le salut d'Isra√ęl se trouve dans l'Eglise des Gentils, et la cl√© pour l'Eglise, √† majorit√© non juive, appel√©e √† accomplir les desseins de Dieu, c'est cette puissance de responsabilit√© dans laquelle elle ne se serait jamais engag√©e d'elle-m√™me. Cette relation de r√©ciprocit√© est pr√©vue par Dieu pour sauver l'Eglise de l'√©gocentrisme religieux et spirituel qui lui aura fait manquer sa mission apostolique. Par ailleurs, nous serions inextricablement et irr√©m√©diablement √©gocentriques, comme c'est le cas pour bon nombre de communaut√©s et d'individus.¬†

 

Je dirais que m√™me la conscience de cette exigence est plus ou moins absente des consid√©rations de l'Eglise. Quelle doit √™tre l'attitude de l'Eglise pour provoquer un peuple qui a √©t√© l'ennemi historique de la Bonne Nouvelle, et pour l'exciter √† la jalousie √† l‚Äô√©gard de ce qu'il a d√©test√© et combattu jusqu'alors? Devons-nous devenir plus charismatiques ou plus pentec√ītistes? Que signifie "Eglise authentique"? Que doivent voir les Juifs? Comment r√©ussir? Paul a agi de fa√ßon remarquable en maintenant son argument. Il ne donne pas d'explication √† ce qu'il affirme, ni le moyen √† utiliser. Je le redirai souvent et je me remettrai en m√©moire le compte-rendu initial que les Ecritures nous donnent concernant les principaut√©s et les puissances. L'Eglise qui est capable d'exciter Isra√ęl √† la jalousie est l'Eglise qui est capable de vaincre les puissances de l'air. Du reste, tout ce qui sera demand√© √† l'un sera utile √† l'autre. Nous savons que deux myst√®res doivent s'accomplir. L'un concerne Isra√ęl et l'autre le dessein √©ternel de Dieu, √† travers l'Eglise, par l'expression de Son infinie sagesse manifest√©e √† la face des principaut√©s et des puissances de l'air. Deux myst√®res dans l'attente d'un accomplissement pour lequel Dieu a cr√©√© toutes choses.

 

Revenir aux commencements

 

Ni le culte ni l'√©tude biblique hebdomadaire ne pourra nous procurer les choses que nous recherchons en t√Ętonnant. Il est clair que, pour que l‚ÄôEglise atteigne une telle nature, la condition exig√©e est un don total de soi. Le culte du dimanche est profitable, mais ce que je sugg√®re est profond√©ment inopportun¬†: c'est de revenir √† la fraction quotidienne du pain de maison en maison. C'est en travaillant au milieu des probl√®mes, des tensions, des difficult√©s et des malentendus que l'on d√©couvre, avec √©tonnement, comment ces derniers surgissent et comment, en peu de temps, ils peuvent briser une relation √©tablie depuis plusieurs ann√©es. Une vigilance et une soumission √† Dieu quotidiennes sont n√©cessaires.

 

Notre nature humaine nous emp√™che de parvenir √† cette sinc√©rit√© et √† cette authenticit√© v√©ritables qui nous sont demand√©es. Et on ne peut les extraire de la cha√ģne de fabrication. Cela ne s'acquiert pas en trois mois d'√©cole de disciple. C'est plut√īt un exercice d'amour, de sacrifice et de souffrance, dans la main de Dieu, qui sera pratiqu√© exclusivement dans une assembl√©e habitu√©e √† la souffrance. L'Eglise est une souffrance avant d'√™tre une gloire. Cela ne r√©sulte pas des attaques externes, mais des blessures internes provoqu√©es par les malentendus, les probl√®mes et les accusations. Il est parfois difficile d'imaginer que le stress, engendr√© par l‚Äôaccumulation d'une foule de probl√®mes, pousse les gens √† tenir des propos d√©plac√©s √† votre √©gard ! Cette situation ne s'explique ni ne se n√©gocie. C'est quelque chose qui doit arriver, car nous devons √™tre solidaires les uns des autres. Nous avons diff√©rents degr√©s de maturit√©, de temp√©rance et de compr√©hension.

 

L'Eglise, si elle est authentique, compréhensive, si elle vit dans une relation de partenariat, en débattant des vrais sujets, en exposant la vérité dans l'amour, en tolérant la correction, la réprimande, l'exhortation, sera nécessairement un lieu d'incompréhension. Il y aura des tensions; celles-ci seront quelquefois si fortes qu'elles vous oppresseront et vous conduiront à penser : "Ainsi donc, il n'y a pas de solution. Aucune issue débouchant sur l'entente et la réconciliation."

 

Nous r√©alisons notre totale d√©pendance de Dieu et de Sa mis√©ricorde. Lorsque les puissances des t√©n√®bres s'interposent, ce n'est pas seulement la corruption qui refait surface mais notre nature l√Ęche et incapable, particuli√®rement par le langage et son interpr√©tation. Nous souhaitions dire quelque chose, mais cela a √©t√© interpr√©t√© diff√©remment. Afin de r√©soudre la m√©prise et revenir enfin √† une juste compr√©hension et √† un accord, il faut une tol√©rance et une patience qui d√©passent nos capacit√©s. Le temps n√©cessaire pour y parvenir et l'angoisse qui en d√©coule repr√©sentent une souffrance. Or nous ne parviendrons pas √† exciter Isra√ęl √† la jalousie tant que cet objectif ne sera pas atteint, et, pour cela, il faudra compter sur la patience de Dieu et non sur la n√ītre.

 

Il est plus ais√© pour nous Eglise de faire des dons mensuels aux associations √©vang√©liques juives, en les laissant g√©rer le travail d'√©vang√©lisation, au lieu d'accomplir nous-m√™mes cette mission et ce devoir envers les Juifs de chaque commune dans notre propre r√©gion. C'est ici le crit√®re de Dieu pour que l'Eglise ait du succ√®s. Ce qui peut toucher les Juifs, c'est ce qui a √©t√© √©tabli et cr√©√©, et non pas notre degr√© de satisfaction relative √† nos prestations ou √† nos pr√©f√©rences personnelles. C'est pourquoi l'ap√ītre Paul s'exclamait : "Qui est suffisant pour ces choses?"

 

Nous avons besoin de conna√ģtre notre incapacit√© et notre pauvret√©, c'est ce qui nous conduira vers Dieu. Cela nous contraint √† concentrer notre amour sur Dieu, amour qui n'est pas quelque chose d'abstrait, mais qui se r√©pand ind√©pendamment de la reconnaissance que nous Lui t√©moignons pour Sa fid√©lit√©, surtout si nous Lui sommes rest√©s fid√®lement attach√©s, en toutes occasions et pas seulement dans les situations de crise o√Ļ notre sagesse personnelle aurait fait d√©faut.

 

Si Isra√ęl n'avait pas √©t√© l'objectif, nous n'aurions jamais r√©alis√© l'urgence d'√™tre transform√©s. Nous nous serions content√©s d'une Eglise de qualit√© m√©diocre, en comparaison avec celle qui aurait glorifi√© Dieu, car l'Eglise qui peut exciter les Juifs √† la jalousie est l'Eglise qui sera une gloire pour Dieu. Nous n'aurions pas repr√©sent√© cette gloire, si nous n'avions pas re√ßu cet ordre.

 

Pour notre salut

 

Parmi les milliers d'églises existantes, aucune n'a su réaliser que la clé de son succès ne réside pas dans ses privilèges, mais dans sa capacité à exciter les Juifs de sa région à la jalousie. Ce critère n'est pas pris en compte à sa juste valeur - car d'instinct nous comprenons que c'est le plus important.

 

Ils sont ennemis de l'Evangile. Cela ne vient pas simplement du fait qu'ils résistent à l'Evangile ou qu'ils y sont indifférents mais de ce qu’ils s'y opposent farouchement. Paul dit qu'ils sont ennemis de l'Evangile, puis il ajoute "pour votre salut". Comprenez-vous pourquoi cette page a été arrachée de la Bible dans les temps modernes? C'est comme si l'Eglise et les enseignants avaient passé outre et l'avaient omise, parce qu'elle est si radicale dans son exigence. La conséquence est que nous avons terriblement souffert de cette omission.

 

Que veut dire Paul par "pour votre salut"? Avons-nous besoin d'ennemis, et plus particulièrement de tels ennemis? Nous ne parlons pas d'une bande de petits amateurs. Les Juifs sont puissants, ils sont brillants, ils sont intelligents, ils sont autoritaires. Vous êtes-vous déjà mesuré à un rabbin ou à un intellectuel juif, ou bien encore à un Juif radical? En tant qu'ancien missionnaire auprès des Juifs et ayant été un des leurs pendant longtemps, je peux affirmer qu’il n'y a pas d'ennemi plus incroyable à l'Evangile que le peuple juif. La seule raison pour laquelle nous ne connaissons pas ce genre de situation, c'est parce que nous ne les avons jamais affrontés. Nous n'avons jamais reçu de porte en plein visage. Nous n'avons jamais essuyé leur colère exacerbée et pleine d'indignation. Nous n'avons jamais été réduits en miettes par les paroles les plus dures que le génie humain puisse concevoir. Ils vous donnent l'impression que vous êtes insensé : "Comment osez-vous me présenter ce message, à nous qui avons subi 2000 ans de persécutions chrétiennes dont la pire expression est la Shoa ! Et vous êtes en train de me dire que j'ai besoin de votre Christ?"

 

Vous ne savez pas ce qu'est la confrontation tant que vous n'avez pas vu ces gens face √† face. Vous avez tout √† coup le sentiment de n'√™tre plus rien. Votre Evangile devient compl√®tement insens√©; vous n'avez plus qu'un d√©sir, vous faire tout petit et dispara√ģtre. Dieu n'est pas pris au d√©pourvu par ces circonstances, car Il les conna√ģt bien. Il en est, en fait, l'auteur car dans les derniers temps, ce sont ces circonstances qui feront du Juif l'ennemi le plus puissant et le plus manifeste de J√©sus-Christ. C'est pourquoi Paul d√©clare¬†: "Car je n'ai pas honte de l'Evangile (qui est une folie, intellectuellement parlant), car elle est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (et il insiste ici),¬†du Juif premi√®rement, puis du Grec."¬†( Romains 1:16)

 

"Si nous pouvions appliquer l'Evangile sur le Grec premi√®rement avec succ√®s, alors nous l'appliquerions sur le Juif, parce que c'est le plus coriace !" Or Dieu d√©sapprouve cette id√©e en insistant bien : "Au Juif premi√®rement". Par la sagesse de Dieu, nous commencerons par le plus difficile et non par le plus facile. "Allez par tout le monde, MAIS commencez par J√©rusalem o√Ļ j'ai √©t√© crucifi√© et o√Ļ les proph√®tes ont √©t√© lapid√©s √† mort. Ensuite, vous pourrez aller en Samarie et partout ailleurs, mais commencez d'abord par les Juifs."

 

Lorsque nous ne prenons pas au s√©rieux cette exigence, notre attitude est significative pour les principaut√©s et les puissances de l'air. Elles regardent en bas en disant : "Vous les hommes, vous ne prenez pas l'Eternel au s√©rieux. Vous n'avez pas ob√©i √† Sa Parole quand Il vous commandait d'aller par tout le monde pour annoncer l'Evangile √† toute cr√©ature, en commen√ßant par J√©rusalem et par les Juifs premi√®rement. Nous aurons pour vous aussi peu d'√©gard que vous n'en avez pour Lui. Vous n'avez pas saisi la seigneurie de Sa Parole. Vous n'avez pas reconnu la priorit√© qu'Il a donn√©e √† Isra√ęl. Vous avez agi √† votre guise, en contournant gentiment l‚Äôexigence la plus difficile de toutes, parce que vous √™tes des l√Ęches. Vous √™tes craintifs et vous manquez de confiance dans votre √©quilibre spirituel. Vous avez choisi l'issue la plus facile. Vous avez permis aux Juifs de suivre leurs propres voies, puisque leurs synagogues et vos √©glises se c√ītoient dans les m√™mes villes, ce qui prouve que vous mettez l'une et l'autre sur un m√™me pied d'√©galit√©, en accordant √† la synagogue un statut rationnel, l√©gitime et officiel."

 

Le fait de valider le juda√Įsme, en honorant et en respectant les synagogues et en ayant des √©changes avec les Juifs, comme s'ils partageaient la m√™me foi, aurait rendu l'ap√ītre Paul malade. Comment aurait-il pu agir de cette mani√®re et commencer la r√©daction de Romains 9 en disant : "Car je voudrais √™tre moi-m√™me anath√®me et s√©par√© de Christ par mes fr√®res, mes parents selon la chair"¬†(Romains 9:3)¬†?

 

Si le juda√Įsme √©tait valide, pourquoi aurait-il alors souhait√© √™tre anath√®me? Nous avons permis au juda√Įsme d'avoir une l√©gitimit√© √† cause de son attitude de foi qui a sa propre validit√©. C'est en se confrontant aux Juifs que l'Eglise prendra conscience de son incapacit√©. Les Juifs sont une r√©f√©rence dans le monde, tout comme les plus grands et les plus puissants le sont pour le monde. Ce sont les Juifs qui, en proportion par rapport √† la population globale, ont re√ßu le nombre le plus important de Prix Nobel, de distinctions et de r√©compenses, dans les milieux m√©dical, litt√©raire et scientifique. C'est un peuple dou√©, mais qui d√©tourne ses talents au profit de l'esprit du monde, au lieu de les offrir √† Dieu, ce qui les rend fortement mena√ßants.

 

Lorsque Dieu dit¬†: "Au Juif premi√®rement", Il sait de quoi Il parle. Quand on touche √† l'existence juive, on touche √† toute la structure du monde, √† toute l'humanit√©, √† un syst√®me √©tabli, moral, √©thique, religieux et s√©culaire, oppos√© √† Dieu en tous points. Bien qu'il soit une fausse lumi√®re, j'opterais pour le juda√Įsme - si Dieu n'existait pas. Il contient les raisonnements et les s√©ductions les plus convaincants. Cependant, si Dieu existe, Il fait appara√ģtre cette composante humaniste comme une totale abomination.

 

La totalit√© des pa√Įens

 

"Car je ne veux pas, fr√®res, que vous ignoriez ce myst√®re, afin que vous ne vous regardiez point comme sages; une partie d'Isra√ęl est tomb√©e dans l'endurcissement jusqu'√† ce que‚Ķ¬†" (Romains 11:25a)¬†Entourez l‚Äôexpression "¬†jusqu'√† ce que¬†". Il y a une condition et la voici : c'est une condition qui s'impose √† l'Eglise seule; la question d'Isra√ęl est son affaire. "‚Ķjusqu'√† ce que la totalit√© des pa√Įens soit entr√©e"¬†(25b). Lorsque Dieu dit¬†: "tout", Il parle de l'accomplissement de tout ce qu'Il a pr√©vu. Je crois qu'il existe une pl√©nitude que Dieu attend de la part d'un peuple pour Son nom, issu de chaque nation, et cette charge missionnaire est demand√©e √† l'Eglise. D'apr√®s ce texte, le plus grand encouragement que Dieu donne √† l'Eglise pour aller dans le monde et annoncer l'Evangile, c'est¬†: "Le Lib√©rateur viendra de Sion"¬†(verset 26a). Quand cette mission sera accomplie, quelque chose se produira, ind√©pendamment de la condition spirituelle d'Isra√ęl. Le Lib√©rateur se manifestera au moment o√Ļ la majorit√© des pa√Įens sera entr√©e. Isra√ęl est d√©livr√© et le Lib√©rateur prend Sa place sur Son tr√īne sur la sainte Montagne de Sion, et r√®gne sur les nations. En attendant le retour du Seigneur Lui-m√™me et l'√©tablissement de nouveaux cieux et d'une nouvelle terre o√Ļ la justice habitera, le monde se trouve dans une situation de d√©sespoir.

 

Il est clair que je m'oppose √† cette doctrine "d'enl√®vement pr√©-tribulationniste", une id√©ologie qui voit l'enl√®vement de l'Eglise avant la tribulation. Ceci est non seulement largement r√©pandu, mais le contester revient √† remettre en cause un point fondamental de la doctrine de la foi. Cela est per√ßu comme une h√©r√©sie, alors que cela n'a aucun lien avec la doctrine de la foi. Rien n'a √©t√© plus d√©sarmant pour l'Eglise. Ce qui l'a d'ailleurs le plus handicap√©e et lui a √īt√© la vision de la n√©cessit√© de se pr√©parer, de se discipliner, d'acqu√©rir de la maturit√©, d'√™tre l'Eglise qui r√©sistera dans les derniers jours, et qui vaincra la tribulation, c'est sa certitude d'√©chapper √† cette tribulation.

 

C'est √† cause de cette attente d'enl√®vement "pr√©-tribulationniste" que l'Eglise, aujourd'hui, n'assume pas sa responsabilit√© envers Isra√ęl. Tout ce qui √©mane de l'Eglise et qui est fond√© sur la motivation personnelle, propre √† rassurer notre conscience, lorsque nos actes sont d√©nu√©s de pi√©t√© et de s√©rieux, ne peut en aucun cas √™tre l√©gitim√© par un minist√®re authentique. Seul le minist√®re sacerdotal est l√©gitime. Le fondement du minist√®re sacerdotal repose sur un service d√©sint√©ress√©. Cependant, si nous agissons avec innocence et bonne conscience, alors nous gagnons une certaine s√©r√©nit√©, en exprimant de la g√©n√©rosit√© envers les Juifs. Si l'Eglise s'√©l√®ve comme membre s√©par√©, ind√©pendant ou sup√©rieur √† eux, cela leur suffit pour la d√©savouer. L'Eglise perd son caract√®re et son humanit√©. Il nous faut garder en m√©moire que nous avons √©t√© greff√©s sur leur racine et que, par l'Evangile, nous sommes rendus participants avec eux. L'Eglise n'est pas un ph√©nom√®ne ind√©pendant d'Isra√ęl, mais l'expression de la bienveillance de Dieu accord√©e aux Gentils pour les associer √† sa promesse, son esp√©rance et son attente qu'il a d'ailleurs lui-m√™me perdues et qu'il ne conna√ģt plus. Une partie de notre tache est de le rappeler √† Isra√ęl, non verbalement, mais en exprimant ce que signifie avoir √©t√© invit√© dans la Communaut√© d'Isra√ęl.

 

Exciter les Juifs √† la jalousie est le moyen le plus fiable pour √©valuer notre sant√© spirituelle. La v√©ritable nature de l'Eglise actuelle, c'est l'autosatisfaction. Elle s'auto-√©value ou se compare aux autres, se contentant de ce qu'elle re√ßoit de Dieu, ce qui va √† l'encontre du but pour lequel ces choses lui sont donn√©es. Dieu nous appelle √† une finalit√©, √† un but qui nous d√©passe et dont on ne mesure pas la port√©e, c'est √† dire exciter les Juifs √† la jalousie par une parole d'autorit√© exprim√©e de concert. Cela ne peut se produire qu'avec un peuple anim√© d'un m√™me esprit, d'un m√™me cŇďur, d'un m√™me discernement et d'une m√™me expression.

 

Ceci n'est pas une invitation √† devenir des robots qui √©voluent en marge de l'assembl√©e, dans une soumission monotone pour exprimer la m√™me chose. Cela signifie un peuple pleinement autonome, brillant en lui-m√™me, libre d'exprimer ses propres opinions et points de vue, conduit par l'action de Dieu, qui lui fait conna√ģtre la souffrance par l'affliction, dans la perspective d'un totale harmonie avec Lui. Et sur Son ordre, nous serons alors capables d'exprimer une parole inspir√©e et productive, parce que ce sera une parole d'approbation.

 

A moins de se préparer soi-même dans cette perspective, il est vain de croire qu'on nous demandera de le faire, alors que la tragédie de la fin des temps nous surprendra soudainement.

 

Aurons-nous une motivation pour ce modèle d'intégration, d'équilibre de vie et d'assentiment, ainsi que la force pour cela? Cela signifie la fin de nos petits retranchements, de nos rebellions secrètes, de notre obstination et de notre égotisme. Il n'existe qu'une seule formule pour accomplir ce travail en profondeur, c'est la communion fraternelle, dans la vie pratique quotidienne avec les saints.

 

Référence: "True Fellowship" (La Véritable Communion), Arthur Katz, chapitre 3

 

Source : http://sentinellenehemie.free.fr/

 


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